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Mon voyage en Espagne, partie 1

  • cynthiafillionphot
  • 23 avr.
  • 6 min de lecture


En octobre 2024, j’ai pris mon p’tit courage à deux mains et j’ai écrit un message à une photographe outre-mer que j’admire énormément : Lara Baeriswyl, photographe équine basée en Suisse. Je lui ai demandé, naïvement, si elle pensait un jour organiser un tour photo ou un workshop avec les chevaux.

 

J’avais (et j’ai encore, d’ailleurs) l’ambition de garnir mon portfolio d’images visuellement riches, mais aussi, indirectement, que celui-ci soit le témoin visuel de mes riches expériences. Apprendre avec une photographe que j’admire autant tout en visitant l’Europe me semblait être un win-win pas mal intéressant.

 

Sans le savoir, je venais de lancer un message dans l’Univers. Mes premiers pas étaient faits et, un jour, une occasion allait se présenter à moi. Quelques mois plus tard, Lara Baeriswyl elle-même lançait une retraite pour photographes en Espagne.

 

Si vous demandez à mon chum de trouver un qualificatif pour bien me décrire, il y a de fortes chances qu’il hésite entre ricaneuse et spontanée. Bon, je l’avoue, j’ai le rire assez facile (spoiler : si vous faites des allusions louches, vous venez de conquérir mon cœur), mais de la patience, ça, je n’en ai pas ben ben. Je suis plutôt du genre à prendre des décisions impulsives.

 

Vous comprendrez que je me suis inscrite sur un coup de tête, en n’ayant aucune idée du budget nécessaire pour ce voyage-là et seulement 3 semaines pour m’y préparer.

 

JOUR 1

 

J’ai donc atterri à Barcelone le matin du 7 mai 2025. Je suis embarquée dans ma voiture de location, direction Collbato. Je me rappelle encore les premières 10 minutes sur l’autoroute, à me demander dans quoi je m’étais encore embarquée, entourée de tous ces poids lourds qui roulaient à vive allure, dans un pays que je ne connais pas, et seule, en plus !

 

ET LÀ ! Boum. J’ai aperçu la montagne Montserrat qui se hissait au loin. Une montagne au cran abrupt, raide, cisaillé par le temps. Et moi, je suis restée là, hébétée, des frissons envahissant mon corps. Je me suis mise à hurler à tue-tête, comme une véritable hystérique. À ce moment-là, je me suis remerciée sur un sacré temps de m’être offert ce beau cadeau. J’étais reconnaissante mille fois devant cette expérience.

 

Mais là, je devais me rendre à mon hôtel, qui se nommait Can Misse. Ayant déjà 2 voyages en Europe dans le corps, je sais que les routes peuvent être bien étroites. Pour m’y rendre, je devais faire des virages serrés en tête d’épingle et passer dans ce qui a plus l’air d’une terrasse que d’une rue ( voir photo çi-bas ). Ah pis, attention aux marches de pierre aussi, qui se trouvent au milieu du chemin !



Heureusement, mon petit côté curieux m’avait fait visiter la rue d’accès aux stationnements de l’hôtel via Google Street View, donc je savais à quoi m’attendre. Une chance, parce que sinon, je crois que j’aurais littéralement paniqué.

 

Une fois bien arrivée et après une power nap d’une heure, j’ai repris la route pour aller visiter la montagne de Montserrat. Mais avant de pouvoir quitter Collbato, j’avais une nouvelle épreuve à affronter : la seule façon de sortir (enfin, je croyais) était de passer devant mon hôtel, dans cette rue à sens unique et sous une arche de pierres datant de bien longtemps avant l’invention des voitures. C’était si étroit que j’ai bien cru que mes miroirs allaient y rester. Le rire que j’ai lâché en sortant de là !  

 

J’étais émerveillée par les routes tortueuses qui ne permettaient pas vraiment de se tromper. À la station de train à crémaillère qui donne accès à la montagne, j’ai visité un mini site touristique. C’était magnifique et, comme j’étais hors saison, il était peu bondé. Je me suis baladée dans les petits sentiers adjacents à la montagne, qui m’ont complètement dépaysée, et j’ai même fait la rencontre d’une chèvre de montagne qui broutait.


 

Mais le point tournant de cette journée est sans aucun doute la rencontre avec un employé d’une bergerie qui produisait aussi du fromage. Je lui ai parlé de mon voyage et de mon désir de faire de la photographie agricole dans la région. Il a alors fait mention du village où se situe la ferme, Marganell, un peu plus au nord de Montserrat. Voilà, je savais maintenant ce que j’allais faire le lendemain, et laissez-moi vous dire que c’était toute une expérience !

 

JOUR 2

 

Le rythme de vie en Europe est légèrement différent de notre rythme américain. Du moins en campagne, où les déjeuners sont rarement offerts avant 8 h 00. Ce qui fait qu’on peut en profiter pour faire la grasse matinée ou bien se lever tôt et aller explorer un peu.

 

Bref, ce matin-là, je suis allée faire une petite marche dans le vieux village de Collbato. J’y ai découvert une route pavée, ainsi que de magnifiques plantes qui s’accrochaient aux parois et aux murs. Aucun bruit d’auto ni de klaxon ; juste le calme et la sérénité.


 

Je me suis arrêtée sur un petit belvédère. Le soleil qui se levait à ma droite, l’ambiance feutrée et la chaleur des rayons, le tout, jumelé à une vue digne d’une carte postale, a vraiment bien démarré ma journée. Encore aujourd’hui, c’est un de mes moments préférés à vie (gratitude x1000).



À mon retour à l’hôtel, un petit buffet m’attendait : croissant, œuf et yogourt. Le yogourt était très différent de ceux que nous sommes habitués à consommer au Canada. Il me rappelait beaucoup le yogourt fait maison par mon chum : pas amer, une texture plus riche et moins homogénéisée. Vous dire à quel point c’était bon !


 

Une fois rassasiée, j’ai mis tout le nécessaire dans ma voiture et, fébrile, je suis partie à l’aventure.


Sur la route vers Marganell, je me suis arrêtée littéralement tout le temps. J’étais subjuguée par la beauté du décor, tout était magnifique. La route me gardait aussi bien éveillée, puisqu’elle était très sinueuse. Pas question de s’emmerder comme sur une autoroute.

 

J’ai fait confiance à mon GPS (en partie) et je l’ai laissé me guider dans la vallée. La route y était déroutante : elle était plus directe, mais aussi plus difficile à emprunter. J’adore conduire, et j’ai confiance en moi sur la route. Autrement, je ne recommande pas ces routes aux gens qui n’aiment pas devoir improviser en chemin, parce que, si vous croisez quelqu’un en sens inverse, bonne chance !

 

Arrivée à Marganell, j’ai croisé une écurie, nommée Natural Hippic. Mon petit côté naïf m’a dit « GO ! ». Je me suis garée, puis j’ai sorti mon cellulaire et ouvert Google Traduction, au cas où la personne qui allait me recevoir ne parlerait qu’espagnol. Heureusement pour moi, l’employé a été en mesure de me comprendre et a appelé le propriétaire des lieux, un certain Juan.

 

Je suis donc allée à la rencontre de Juan, avec un but bien précis en tête : prendre des photos avec des chevaux et, en arrière-plan, l’époustouflante montagne Montserrat. Juan parlait un anglais impeccable (fiou !). Je lui ai expliqué la raison de ma venue et lui ai montré mon portfolio. Il était emballé à l’idée que je lui offre quelques bons clichés professionnels en échange de l’accès à son écurie. Il a dit à sa guide Laura d’aller choisir sa plus belle chemise et de me préparer un cheval, parce que nous allions partir elle et moi dans le plus bel endroit du site, selon lui.   

 

J’ai donc embarqué sur ma monture, Woody, un cheval à la robe blanche, probablement croisé avec

du poney islandais. Il m’a tout de suite donné confiance. J’ai su aussitôt que je pourrais transporter mon équipement dispendieux sur son dos.

 

De son côté, Laura a pris le bel Appaloosa Léopard sans selle, et je me suis dit que ce serait épique comme duo ! Reconnaissance x1000 encore une fois. J’ai pris un instant pour me rappeler qu’en ce 8 mai 2025, j’avais le derrière assis sur un cheval et que tout ce qui m’entourait était surréel tellement c’était magnifique. Mes yeux oscillaient entre contempler ma monture et le paysage bucolique. Lorsque j’ai enfin été prête à prendre les photos de Laura, je suis descendue de mon cheval et je l’ai laissé brouter paisiblement sans même devoir l’attacher.

 

Les photos de cette séance sont à couper le souffle. Je dis souvent que le décor en photo n’a pas toujours besoin d’être parfait. Ce n’est pas toujours vrai, surtout si on se retrouve face à une montagne au sommet escarpé, ciselé par le temps et les intempéries. Laura, avec ses cheveux foncés et sa chemise bourgogne, ainsi que sa belle monture, m’a offert un spectacle que je ne suis pas près d’oublier. 




 

À notre retour à l’écurie, comme il pleuvait, j’ai promis à Juan que j’allais revenir 3 jours plus tard, après mon workshop, puisqu’en plus l’écurie se trouvait sur mon itinéraire. J’ai donc quitté Natural Hippic avec un sentiment indescriptible, fière d’avoir osé. Tout ce que je venais de vivre, je le devais à la générosité de Juan et Laura, mais aussi, à mon instinct et à ma débrouillardise.

 

Maintenant, direction Veciana, plus précisément à Mas Oak, une vieille demeure de plus de 600 ans propriété de Raya et Stefan pour l'étape 2 de mon voyage, le Workshop !


La suite, dans un prochain post...

 

 

 
 
 

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